Hommage à l’auteur en forme de lettre ouverte

(…) Parce que c’est très joli, c’est extrêmement connu et extrêmement courant de dire en français, de dire avec orgueil : « Moi, je ne comprends rien aux maths. » Personnellement, je fais la réflexion suivante : « Si je ne comprends rien aux maths, j’aurais plutôt honte de le dire. » Se présenter de but en blanc comme un imbécile n’est pas le meilleur moyen de se présenter. Un type-qui- ne-comprend-rien-aux-maths est un fieffé imbécile, un point c'est tout !

Boris Vian (entretien1)

§1a.   J’ai découvert ton existence, David Foster Wallace, en octobre 2006. Un ami (il est peut-être embêtant, selon certaine vision de la déontologie éditoriale, que cet ami soit également l’éditeur de la traduction de Everything and More que j’ai livrée il y a peu sous le titre Tout et plus encore, mais ce n’est pas embêtant du point de vue de l’éthique et de la sincérité) m’avait conseillé de lire ton livre sur l’infini, dont il ne se rappelait pas le titre exact ; de toute façon, le libraire du coin n’avait aucun de tes ouvrages. (C’était avant ta mort.) J’ai dû attendre plusieurs mois et que le hasard fasse enfin correctement son travail pour me procurer Brefs Entretiens avec des hommes hideux, ton recueil de nouvelles publié au Diable Vauvert.
Le moins qu’on puisse dire est que ce livre fut un sacré choc.
Non seulement tu m’y démontrais ton humour si particulier, déjà universellement loué avant que je m’aperçoive de ton existence, mais tu me parlais, à moi, directement. Écrivain balbutiant, j’aurais, selon l’expression consacrée, « voulu avoir écrit » ces textes brillants, hésitant (n’hésitant pas un instant : le mot est très mal choisi) entre le comique pur et la douleur intime, la littérature expérimentale — qui m’ennuie tant, quand on n’en voit pas le fond — et l’art du dialogue élevé au sommet…

§1b.   Attends… l’art du dialogue ? En réalité, la nouvelle-titre, par exemple, scindée en quatre morceaux éparpillés dans ton livre sans le moindre hasard, inventait le dialogue aveugle, ou tronqué. À savoir : un monologue de répliques rythmé par d’invisibles questions que le lecteur écrit lui-même en creux. Une sorte de dialogue QCM, de faux exercice de langue. Exemple glaçant :

J’y suis enclin naturellement et vous l’admettrez, c’est un penchant foncièrement bénin si la contrainte et les dommages restent dans les limites du raisonnable. Et, sachez-le, celles qui rendent nécessaire l’exercice d’une contrainte sont étonnamment rares.
Q.
D’un point de vue psychologique l’origine en paraît évidente. Et, si je puis me permettre, plusieurs thérapeutes sont venus corroborer mes conclusions, ici même et ailleurs. Vous voyez, ça ne fait pas un pli.
Q.
Eh bien mon père était, si j’ose dire, un homme dont la propension naturelle n’était pas d’être bon mais qui néanmoins s’ingéniait à l’être. Prompt à la colère, etc.
Q.
Je veux dire, ce n’est pas comme si je les torturais. Pas comme si je les brûlais2.

Ce n’est certes pas mon métier, mais il y aurait matière à philosopher pour expliquer l’origine de ce rire-là. Quoi qu’il en soit, je pense que tu en seras d’accord, le mot « tragicomique » ne convient pas à définir la « bonne grosse poilade » wallacienne. Pour parler comme toi, c’est-à-dire avec toute la rigueur scientifique qui s’impose, je dirais que ton humour, l’humour wallacien, se décompose approximativement (admire ladite rigueur) en

  • 65 % d’ironie (même si tu récuserais sans doute ce mot, ou rédigerais douze notes de bas de page géniales pour me démontrer que je n’ai rien compris),
  • 15 % d’argot savamment distillé (c’est-à-dire quasiment toujours à contretemps),
  • 8 % de potacheries variées,
  • 7 % de running gags grammaticaux (le plus souvent à base de parenthèses),
  • et 5 % de… miscellaneous, bien sûr.

On note l’absence totale de recours au coussin péteur ou à la blague belge.

§1c.   Et pourtant, le lecteur de Wallace, ton lecteur, David, se marre comme une baleine. J’en veux pour preuve ton étouffante nouvelle Le Sujet dépressif (VO : The Depressed Person), dans laquelle toi, l’auteur, tu accumules tant de cette ironie, parfois sarcastique, à l’endroit (à l’encontre) de ton sujet, tout en la (c.-à-d. l’ironie sarcastique) déguisant sous les atours de l’analyse objective, que tu finis par nous le (c.-à-d. le sujet dépressif) rendre absolument antipathique. À notre très grande honte. Pour certains lecteurs sensibles, cette nouvelle est même trop dangereuse pour la santé. Elle serait capable de « déclencher un épisode3 » plus sûrement que le bestiaire kitsch de H. P. Lovecraft ou les lamentations crypto-nihilistes de notre chanteur français Benabar. C’est dire, crois-moi.

INTERPOLATION PEOPLE À LA TROISIÈME PERSONNE

David Foster Wallace, sujet dépressif, finit par se suicider le 12 septembre 2008, « à l’ancienne », c’est-à-dire par pendaison. Mais il n’est rien de plus oiseux que de chercher à débusquer l’intimité d’un auteur dans ses écrits. Ou plutôt : ça ne m’a jamais intéressé. Je me borne à sentir, à deviner que le sujet dépressif David a mis beaucoup, énormément sans doute, de lui dans des textes comme Good Old Neon — sorte de pendant masculin et actif au féminin Sujet dépressif —, publié dans le recueil Oblivion :

My whole life I’ve been a fraud. I’m not exaggerating. Pretty much all I’ve ever done all the time is try to create a certain impression of me in other people. Mostly to be liked or admired. It’s a little more complicated than that, maybe.
[Toute ma vie j’ai été un imposteur. Je n’exagère pas. À peu près tout ce que j’ai toujours fait en permanence c’est d’essayer de donner une certaine impression de moi aux autres gens. La plupart du temps pour être aimé ou admiré. C’est un petit peu plus compliqué que ça, peut-être4.]

Oui, c’est un petit peu plus compliqué que ça. Les deux dernières pages de la nouvelle expliquent pourquoi et comment le narrateur se suicide. Par un anachronisme trop sournois, il serait ainsi possible de déclarer que l’écrivain avait annoncé son suicide. C’est évidemment stupide, bien que tentant — et très déstabilisant.

FIN INTERP. P. À L. T. P.

Parcourant ce recueil de nouvelles, mon premier contact avec toi, avec ton œuvre, recueil acheté dans la librairie Gibert du boulevard Saint-Michel à Paris, bouquin que je chérirai toute ma vie, je retombe sur ce personnage qui hurle au moment de jouir, systématiquement, « Victoire pour les forces de libération démocratique ! » Et par ta faute, par-delà ta mort, encore une fois je m’esclaffe. Quelqu’un d’intelligent a dit de ton style, David, que ce qui le définissait était ton génie à t’emparer de tous les registres de langue, à t’en jouer, à les mêler, à les confronter… Dans un « essai » sur les maths, tu trouves ainsi le moyen d’écrire ce genre de note de bas de page :

N’importe quel texte décent de logique mathématique ou de théorie des ensembles vous livrera tout un chapitre sur l’axiome du choix et sa relation à d’autres concepts hautement érotiques comme l’axiome multiplicatif de Russell, le lemme de Zorn, le principe de trichotomie, le principe de maximalité de Hausdorff et (sans blague) le lemme de l’élément maximal de Teichmüller-Tukey5.

§2a.   Tu étais, de plus, amateur de tennis. Amateur pratiquant. Je t’imagine, je ne sais pas trop pourquoi, jouer à la façon du grand géomètre tchécoslovaque6 Miloslav Mecír, dit « Le Chat », souple géant passé maître dans la science des trajectoires masquées. Dans un texte dédié à Roger Federer, tu (toi) écris ceci :

La beauté n’est pas le but du sport de compétition, mais le sport de haut niveau est un cadre de choix pour l’expression de la beauté humaine. Le lien, ici, est à peu près celui qui associe le courage à la guerre.

La beauté humaine dont nous sommes en train de parler est une beauté d’un type particulier ; elle pourrait être appelée beauté cinétique. Son pouvoir et son attrait sont universels. Elle n’a rien à voir avec le sexe ou les normes culturelles. Ce avec quoi elle semble avoir un rapport est, en fait, la réconciliation des êtres humains avec le fait d’avoir un corps.

Bien sûr, dans le sport masculin personne ne parle jamais de beauté ou de grâce ou du corps. Les hommes peuvent affirmer leur « amour » du sport, mais cet amour doit toujours être moulé et exprimé selon la symbologie de la guerre : élimination vs percée, hiérarchie des rangs et des scores, obsession des statistiques, analyse technique, ferveur tribale et/ou nationaliste, uniformes, bruit de la masse, bannières, poitrines frappées, visages peinturlurés, etc. Pour des raisons qui ne sont pas bien comprises, les codes de la guerre sont plus rassurants pour la plupart d’entre nous que ceux de l’amour. C’est peut-être le cas pour vous, auquel cas l’Espagnol mésomorphe et totalement martial Rafael Nadal est votre homme de la situation — celui aux biceps apparents et aux auto-exhortations type kabuki. De plus, Nadal est aussi la némésis de Federer et la plus grande surprise de Wimbledon cette année, car il est un spécialiste des courts en terre battue et personne ne l’attendait ici après quelques tours. Alors que Federer, jusqu’en demi-finale, n’a offert absolument aucune surprise ou aucun suspense à la compétition. Il a si totalement surpassé chacun de ses adversaires que la télé et la presse papier ont peur que ses matchs soient ternes et ne puissent se mesurer efficacement à la ferveur nationaliste de la Coupe du monde7.

Un écrivain comme toi ne pouvait au fond que décomplexer un butor dans mon genre, capable de s’extasier à la fois (bien que pas forcément en même temps) devant un chapitre de Madame Bovary où rien ne se passe8 et devant un tir de l’extérieur du pied droit heurtant le montant d’un gardien allemand notoirement barbare en demi-finale de ladite Coupe du monde — ceux (tir, pied droit) d’Alain Giresse, le 8 juillet 1982 à Séville. Je me risque à ceci : en tant qu’Américain, peut-être étais-tu mieux à même d’embrasser tous les sujets avec la même virtuosité, même et surtout les sujets du monde réel, concret, tant méprisés par la majorité des écrivains d’ici. Si tu savais…

§2b.   David, tu étais donc un joueur de tennis de bon niveau, un passionné de mathématiques, un grand écrivain. C’est pour ça que tu m’as parlé. Avant même de connaître ton drôle d’exercice de style Everything and More, je percevais dans ton culte de la précision syntaxique et lexicale, dans ton sens de l’équilibre et du déséquilibre de la phrase, le matheux sympathisant que je me trouve être également (à moins qu’on puisse plutôt dire, en ce qui me concerne : matheux raté) ; et savoir que tu avais comme moi (et, encore une fois, sans doute mieux que moi) joué au tennis complétait le tableau. Nourri de tennis et d’une éducation scientifique, il n’était pas étonnant que cet écrivain découvert en 2006, sur le tard — toi, David Foster Wallace — me parle immédiatement comme un frère. (STI Un frère aîné trop tôt disparu. Je te le dis tout de suite : j’ai les larmes aux yeux, car je suis ému. Je ne t’ai jamais rencontré et je regrette que tu ne sois pas là aujourd’hui. Dans ce monde. Il y aurait du boulot pour un écrivain de ta trempe. Tu me manques. Tu manques à beaucoup de gens.)

§2c.   Toujours dans ce texte sur ton sport favori, tu fais se rejoindre tes deux passions, avec exactement le même style que dans Everything and More (on croirait presque à des pages virées à la demande de l’éditeur car « hors sujet ») :

Imaginez que vous, joueur de tennis, vous tenez juste derrière votre ligne de fond de court à l’intersection avec le couloir. Une balle est servie sur votre coup droit — vous pivotez (ou tournez) pour placer votre flanc en face du trajet d’arrivée de la balle et vous commencez à tirer votre raquette en arrière pour effectuer votre retour de coup droit. Continuez à visualiser jusqu’à ce que vous soyez environ à la moitié du geste de votre coup vers l’avant ; la balle qui arrive est à présent juste en face de votre hanche, peut-être à quinze centimètres du point d’impact. Considérez quelques-unes des variables impliquées ici. Sur le plan vertical, donner au tamis de votre raquette un angle de quelques degrés vers l’avant ou l’arrière va respectivement créer du lift ou du slice ; le laisser perpendiculaire va produire un coup plat, sans effet. Horizontalement, ajuster le tamis de la raquette à peine vers la gauche ou la droite et frapper la balle peut-être une milliseconde plus tôt ou plus tard résultera en un coup croisé ou en un coup long de ligne. D’autres changements subtils appliqués aux courbes de vos gestes de frappe et d’accompagnement vont permettre de déterminer à quelle hauteur votre retour va passer au-dessus du filet, ce qui, combiné avec la vitesse à laquelle vous frappez (et à certaines caractéristiques de l’effet que vous imprimez), aura un effet sur la longueur ou profondeur de votre coup, sur la hauteur de son rebond dans le camp adverse, etc. Ce ne sont que les distinctions les plus grossières, bien sûr — par exemple, il y a le lift prononcé vs le lift léger, ou le coup court-croisé vs le seulement à peine croisé, etc. Il y a également d’autres paramètres concernant la distance plus ou moins courte à laquelle vous permettez à la balle d’approcher votre corps, la prise de raquette que vous utilisez, l’étendue de la flexion de vos genoux et/ou du transfert de votre poids vers l’avant, et votre capacité ou non à simultanément regarder la balle et voir ce que fait votre adversaire après avoir servi. Tout ça compte aussi. Et puis il y a le fait que vous ne mettez pas en mouvement un objet statique, ici, mais plutôt que vous inversez le vol et (jusqu’à un certain point) l’effet d’un projectile venant vers vous — venant, dans le cas du tennis pro, à des vitesses qui rendent impossible toute pensée consciente. La première balle de service de Mario Ancic, par exemple, atteint souvent 210 km/h. Comme il y a 23,77 mètres entre la ligne de fond d’Ancic et la vôtre, cela signifie que son service met 0,41 seconde pour vous atteindre. C’est moins que le temps nécessaire pour cligner deux fois des yeux rapidement.

Du point de vue du traducteur, je serai honnête, David : c’est un pur plaisir.

§3a.   Mais, bon, et ce livre, alors, sur l’infini, le transfini, l’idée absurde et folle de hiérarchiser les infinis ? Et ce Georg Cantor dont le nom veut dire « chanteur » en latin (information primordiale arrachée à la p. 19 de ma traduction en français) ? Tu t’es attaqué à quelque chose d’énorme, dans ce booklet, comme tu dis. Ce « petit livre »… C’est un livre de maths, d’histoire des maths, écrit par un brillant auteur de fiction. Tu es en effet le genre de type qui truffe à peu près tous ses textes d’objets mathématiques, sans crier gare, comme dans Mourir n’est pas finir, qui décrit un poète

assis, ou allongé — ou peut-être, pour être plus exact, juste étendu —, en slip de bain Speedo noir au bord de la piscine en forme de haricot du jardin, sur la terrasse carrelée, dans une chaise longue pliable dont le dossier était présentement incliné au quatrième taquet pour former un angle de trente-cinq degrés avec le sol en mosaïque de la terrasse (…)9

« Pour être plus exact » : tout est là, dans cette quête perpétuelle de la précision — grammaticale, linguistique, scientifique. Je dis bien dans cette quête perpétuelle, à dessein : si la langue est maîtrisée parfaitement (et elle l’est), ton sujet, lui, est dans la quête, que tu ne dissimules pas. Tu écris en réfléchissant, réfléchis en écrivant, ce qui implique des erreurs, peut-être, sans doute, erreurs que tu assumes. Les mathématiciens américains ne t’ont pas raté, du moins ceux qui pensaient lire un manuel de vulgarisation sur la théorie des ensembles de Cantor. Les pauvres. Ceux qui ont compris qu’il s’agissait, formellement, surtout d’une singulière œuvre littéraire, d’une parodie de thèse universitaire, d’un pastiche d’article scientifique, d’un work-in-progress assumant digressions, bordel typographique (volontaire, forcément volontaire) et raccourcis vulgarisateurs, ceux-là ont loué ton livre. Certes, je ne te mentirai pas : Michael Harris, de l’université de Paris-7, mathématicien respectant à sa juste valeur ton œuvre de fiction, a quand même un avis bien plus nuancé sur ce livre-là, mais il écrit ceci, qui résume assez bien ton travail d’écrivain :

Une grande part de la théorie littéraire postmoderne est concernée par un sujet que Wallace aborde dans UTSFAONMRP, celui de l’amenuisement de l’autorité de l’auteur ou de la voix narrative, et il n’y a pas de meilleure manière d’y parvenir que de rendre l’auteur manifestement indigne de confiance. DFW lui-même avertit, sans fournir de détails, qu’il s’est « permis quelques imprécisions » (note 2, p. 122) afin de rendre la discussion accessible aux lecteurs ayant peu de culture mathématique. Il n’est sans doute pas accidentel que le classement particulier de Cantor et Gödel mentionné ci-dessus soit suivi immédiatement par l’affirmation que Hilbert était le « numéro 1 mondial de mathématiques » en l’an 19001011

Mais revenons à ton poète « assis, ou allongé, ou (…) juste étendu ». Revenons à cette obsession de la précision, qui vient autant des maths que du tennis. Comment expliquer que cette demande scientifique de précision soit chez toi, David, le trajet le plus court (la ligne de plus grande pente, dirais-tu peut-être, à moins que tu ne m’envoies plutôt sur les roses) vers une poésie incarnée ? Se mouillait-on le doigt avec la bouche chez un écrivain lambda ? Chez toi, David F. Wallace, on

[humectait] un doigt non pas avec sa salive ou sa sueur mais avec la condensation qui couvrait l’étroit verre givré de thé glacé encore à la lisière de l’ombre formée par son corps à gauche du dossier de la chaise longue et qui devrait être déplacé pour rester dans la fraîcheur (…)12

La phrase unique fait trois pages et contient la nouvelle tout entière, à moins que ce ne soit l’inverse. Elle se finit par une note de bas de page déroutante : « Ceci n’est pas complètement vrai. »

Tu es tout entier dans cette note moqueuse.

Le traducteur français

1  Entretien avec Pierre Kast et André S. Labarthe publié dans Boris Vian, Cinéma/Science-fiction, 10/18, p. 166.

2  Brefs Entretiens avec des hommes hideux, trad. Julie et Jean-René Étienne, Au Diable Vauvert, p. 35.

3  Bruce, commentant, sur le blog de Makurrah, “On Not Reading The Depressed Person by David Foster Wallace”.

4  Traduction par mes soins. Au moment où j’écris, le Diable Vauvert n’a pas encore publié sa traduction.

5  Tout et plus encore, traduction par mes soins, Ollendorff & Desseins, note 99, p. 261.

6  (slovaque)

7  “Federer as Religious Experience”, article publié dans le New York Times du 20 août 2006. Traduction par mes soins.

8  cf. The Sopranos, saison 5. Carmela est dans la voiture du proviseur du lycée de son branleur de fiston. Le proviseur, la draguant, lui a offert dans l’épisode précédent le chef-d’œuvre de Gustave qui hanta des générations de lycéens français. Carmela : « L’histoire est très lente ; il ne se passe rien… Je pense qu’il aurait pu dire ce qu’il avait à dire en bien moins de mots. (…) En tout cas, c’est un objet merveilleux à mettre dans son salon. »

9  Mourir n’est pas finir, dans Brefs Entretiens…, trad. Julie et Jean-Pierre Étienne, Au Diable Vauvert, p. 12.

10 L’influence omniprésente du tennis, surtout, est perceptible ici. Quant à ton « classement particulier » de Cantor et Gödel, il est présent sur la même page : Cantor y est le « plus important mathématicien du dix-neuvième siècle » et Gödel le « plus important mathématicien du vingtième siècle », tout simplement. On peut y déceler une sorte de boucle infinie : après tout, n’écrivais-tu pas, plus haut, quelque chose sur la « hiérarchie des rangs et des scores, [l’]obsession des statistiques ». Elles ne t’épargnaient pas toi-même, ou alors il s’agit d’une des nombreuses manifestations de ta très grande malice.

11 Michael Harriss, A Sometimes Funny Book Supposedly About Infinity.

12 Mourir n’est pas finir, dans Brefs Entretiens…, trad. Julie et Jean-Pierre Étienne, Au Diable Vauvert, p. 12.